Entre thriller et comédie, un film néo-noir au féminin, insolite et prenant

Stephanie (Anna Kendrick) est une jeune mère célibataire attentionnée, bloggueuse et hyperactive jusqu’au malaise. Contre toute attente, elle se lie d’amitié avec Emily Nelson (Blake Lively), la mère d’un des camarades de classe de son fils. Emily est aussi blonde, sophistiquée et explosive que Stephanie est brune, policée et douce. Les deux femmes deviennent amies et se mettent à partager leurs secrets autour de nombreux cocktails dans la superbe villa d’Emily. Le jour où cette dernière disparaît brutalement, Stephanie décide alors de mener l’enquête, quitte à se perdre dans le sombre passé de son ombrageuse amie…

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Méfiez-vous des bandes-annonces: elles sont parfois trompeuses. J’en veux pour preuve  le sournois trailer de “l’ombre d’Emily”, qui m’avait mis sur la voie d’un thriller sombre, froid et tendu façon “Gone Girl” ou “La Fille du Train”, avec en bonus la dégaine féline de Blake Lively (qu’on avait adorée dans “Cafe Society” de Woody Allen)  et le minois pointu d’Anna Kendrick (encore une fois exemplaire dans le rôle de la névrosée bien sous tous rapports).

Mais dès les premières minutes, le nouveau film de Paul Feig (le réalisateur du remake de Ghostbusters)  déroute et surprend. Du roman de Darcey Bell,  il reprend les principaux ingrédients pour nous servir un cocktail très réussi de comédie de thriller où les femmes tiennent le haut de l’affiche.

Brillamment réalisé, le film emprunte le ton léger et acidulé des comédies girly et  les ressorts scénaristiques des films noirs classiques, et vient les sertir de plans larges et froids dans la plus pure tradition du cinéma américain. L’intrigue, elle,  nous trimballe sans complexe au rythme de 24 rebondissements par minute et joue avec les références et les clins d’oeils à des monuments comme “Diaboliques”, “Kill Bill”, “Le facteur sonne toujours deux fois”  ou “Le Diable s’Habille en Prada”.  Le tout sur fond de Françoise Hardy, France Gall et autres pépites yéyés qui sont la cerise décalée sur ce cupcake explosif ( la scène où Anna Kendrick se déhanche gauchement sur du Gainsbourg vaut à elle seule le déplacement)

Au final, “l’ombre d’Emily” est un bel exercice de style, sur le fil, qui brouille les cartes, nous balade et nous fait passer un très bon moment.

Suggestion de dégustation: Pour avoir la classe comme Blake Lively e tAnna Kendrick, savourez ce film avec un cookie dans une main et un dry Martini dans l’autre. Ca tombe bien, au White Cinema on vous prépare des cocktails minute et on vous l’apporte jusque dans la salle.